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Laïn : phrasé à la Bashung sur pop sombre en EP le 25 mai

Elle est entrée en rotation sur l’Araignée en février : vous connaissez donc probablement la chanson de Laïn (prononcez Laïne) intitulée l’Appel d’air. Un autre de ses titres, Matelot, joué en direct avec Hipsta et le batteur Renaud Olivier, a été enregistré sur Inter et posté sur Youtube :

Faisons à présent plus ample connaissance avec cette voix dont le premier minialbum paraîtra le 25 mai.

Pour commencer, vous aurez remarqué qu’avec Laïn on n’est pas dans la légèreté et la bonne humeur. L’électrorock qu’elle donne à entendre n’est pas fête et cotillons. Amateurs de pop sombre, vous voilà servis : vous recevez de la violence dans ses mélodies dansantes, vous ressentez la fine maîtrise des techniques de solfège dans le choix de ses harmonies, et son phrasé vous évoque quelque chose de Bashung. Ce n’est pas un hasard si on retrouve l’auteur d’Osez Joséphine et de La nuit je mens dans l’entourage de Laïn : Jean Fauque lui a en effet offert sa plume et un texte écrit pour Alain lui-même, On est sur.

Laïn résiste

Initiée très tôt à Michel Portal, Brad Meldhau et Keth Jarret par son père, Laïn avait débuté naturellement dans les pianos-bars et les clubs de jazz de Paris. Elle vit la nuit, et ses rencontres improbables sont une  source d’inspiration : « La nuit, Paris rassemble ceux qui perdent le sommeil et la tête, comme moi. »

Si le jazz est effectivement sa première musique, celle de son enfance, Laïn se rappelle avoir été « bouleversée » par une  certaine Fantaisie militaire. Elle avait neuf ans quand elle a entendu cet opus de Bashung dont elle retient la sensation de barrage qui cède, la liberté des mots. Ont suivi la découverte de Léo Ferré, de Nougaro, de Barbara ou de Philippe Léotard qui l’ont confortée dans la recherche d’une autre beauté, moins évidente, moins accessible. Elle écrivait, donc. Une maison de disques s’est intéressé à elle mais entendait simplifier ses textes pour les rendre plus « abordables ». Laïn a résisté : « Je suis ce que je suis, je ne vais pas m’inventer une  autre histoire. » Ce projet est alors resté sans suite.

De l’épuisement au renouveau

Installée depuis six ans dans la capitale, elle s’est pour un temps épuisée dans son art. Laïn avait vingt-trois ans ; l’heure était à la reprise des études, à la recherche d’un emploi stable, de quoi rassurer ses proches : « J’ai tenu trois ans pendants lesquels mon album est né. » Car, paradoxalement, elle a trouvé sa liberté créatrice dans cette période-là, dans le carcan d’une vie réglée au millipoil.

Le 8 mars 2011, jour de son anniversaire, elle a racheté le piano vendu quatre ans plus tôt et s’est mise à mettre elle-même ses textes en musique. Sa première chanson est née, le Reflet des drapeaux. Suivait en juillet 2015 sa rencontre avec Jean Fauque, aux Francopholies de La Rochelle. Et puis le cercle vertueux s’est mis en mouvement : Laïn jouait dans tout Paris avec un premier groupe, puis avec un autre. Elle cherchait un arrangeur, un compositeur ; après une  période de tâtonnement, Laïn a fini par rencontrer Hipsta, qui est depuis la fin de 2016 son réalisateur et arrangeur en studio comme à la scène. La chanteuse le qualifie d’« alter ego artistique » : « Il sait traduire en musique mes émotions, mes mots, mes influences cinématographiques — Lynch, Pialat, Audiart, Antonioni… — et littéraires — Zweig, Colette, Romain Gary… »

S’est ensuivi une  signature avec le label Néogène Musique, une  rencontre mémorable avec Didier Varrot de France Inter (Laïn était artiste résidente de « Foule sentimentale » en mars), une  mise en playlist sur l’Araignée… Et la suite, c’est vous qui en déciderez !

À paraître : EP quatre titres, Matelot, le 25 mai.

Laïn sur scène : le 23 mai au Réservoir, le 29 mai aux Trois-Baudets, Paris.

 

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